l’Association pour la formation professionnelle des jeunes musiciens (AFPROJEM) fut créée en 1982. Présidée par Marius Constant, compositeur et chef d’orchestre, l’association avait une double mission : « être le support d’initiatives nationales permettant aux jeunes musiciens d’acquérir une formation pratique de "terrain", répondant aux exigences de l’entrée dans la vie active ; être le pôle d’échanges et de concertation en matière de formation des futurs musiciens d’orchestres français »89. Sa première action fut la création de l’Orchestre français des jeunes (OFJ). Celui-ci était composé de cent dix jeunes musiciens de quatorze à vingt-cinq ans, issus des ENM, des CNR et des deux CNSM, qui se réunirent au cours d’un stage d’été à Arc-et-Senans. Ces stages, dont le premier eut lieu en 1982, étaient encadrés par des musiciens de l’Orchestre de Paris.
Dirigé par Jérôme Kaltenbach, l’OFJ se produisit pour la première fois à la Salle Pleyel en
septembre 1982, concert diffusé par TF1 et unanimement salué par la presse, certains parlant même de « miracle »90. Forte de ce succès, l’initiative fut reconduite les années suivantes.
L’AFPROJEM mit également en place à partir de janvier 1984 une académie d’orchestre, ayant pour mission de préparer des instrumentistes de haut niveau aux concours de recrutement des différents orchestres français, ceux-ci étant en effet régulièrement remportés par des candidats étrangers. L’encouragement à la pratique collective était une des priorités de
Marc Bleuse à son arrivée à la tête du CNSM. Il n’existait jusqu’alors pas de tradition d’orchestre, contrairement à d’autres grands conservatoires comme celui de Moscou, et l’absentéisme des élèves aux répétitions ne semblait déranger personne. Dès la fin de l’année
1984, Marc Bleuse semblait avoir modifié les mentalités sur cette question. En renforçant l’encadrement des deux orchestres du conservatoire et en appliquant de manière plus stricte le règlement concernant la présence aux répétitions, l’assiduité des élèves augmenta significativement. Par ailleurs, la réforme de l’enseignement supérieur comportait une dimension spécialement consacrée au chant, dans la perspective de l’ouverture de l’Opéra
Bastille. Des mesures, qui reçurent l’aval des professionnels grâce notamment au concours de grands noms de l’art lyrique comme Elizabeth Schwarzkopf ou Hans Hotter, furent annoncées en juin 1984. Parmi celles-ci figuraient la création de départements pédagogiques « voix » au sein des conservatoires de Perpignan, Colmar, Toulouse et Orléans, l’élaboration d’un nouveau CA de professeur de technique vocale et des modifications dans les modalités de recrutement au CNSM. Surtout, il s’agissait d’améliorer l’insertion professionnelle des jeunes chanteurs diplômés. Dans cette optique, l’école d’art lyrique de l’Opéra de Paris fut restructurée avec un concours d’entrée plus sélectif et une formation plus personnalisée.
Enfin, trois Centres d’insertion professionnelle consacrés à l’apprentissage des métiers de l’opéra ouvrirent leurs portes à Lyon, Strasbourg et Marseille.